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Collectif pour le créole au bac dans l'Hexagone

Le Collectif pour le Créole au Bac dans l'Hexagone constitué en 2005 est un groupe de bénévoles assurant la promotion du créole en région parisienne et oeuvrant pour l'enseignement du créole. Composés principalement de créolophones et de défenseurs de la langue, il n'a de cesse d'interpeller les autorités et en particulier l'Education nationale pour qu'il y ait un enseignement du créole dans les lycées de l'Hexagone.

 Animé par Souria ADELE, Jean-Pierre CHAVILLE, Igo DRANE et Tony MANGO, les membres du Collectif pour le Créole au Bac dans l'Hexagone  sont par ailleurs des animateurs d'ateliers d'apprentissage du créole déterminés et résolus à faire vivre la langue créole au côté des communautés de Guadeloupe, Guyane et Martinique. Et, faute d'enseignement au sein de l'éducation nationale, ils ont permis à des lycéens inscrits en 2006 pour le baccalauréat 2007 de préparer et de passer les épreuves obligatoires du créole au bac.  Et d’année en année, Jean-Pierre CHAVILLE et Tony MANGO n’ont de cesse de préparer les jeunes Guadeloupéens, Guyanais, Haïtiens et Martiniquais au baccalauréat en leur faisant découvrir l’apprentissage des créoles guadeloupéen et martiniquais, les faits marquants de l’histoire de ces pays, les éléments fondamentaux culturels et les nombreux auteurs utilisant le créole comme vecteur de communication.

A plusieurs reprises et depuis sa constitution, le Collectif pour le Créole au Bac dans l'Hexagone a interpellé le ministre de l’éducation nationale sur le fait que le créole ne puisse être enseigné dans les lycées parisiens à l’instar des autres langues régionales comme le basque, le breton et l’occitan. Une première victoire a été gagnée en 2008 grâce à son combat et aujourd’hui une expérimentation est menée en Île de France. En effet, depuis l'année scolaire 2008 - 2009 à l'initiative du délégué à l'égalité des chances des français d'outre-mer, et l'Education nationale deux lycées de la région parisienne participent à une expérimentation où des cours de créole sont dispensés aux élèves de seconde depuis la rentrée 2008 et depuis celle de 2009 aux élèves de première. L'année prochaine l'expérience sera étendue aux élèves de terminale. Pour cette expérimentation, les cours ont été assurés par Jean-Pierre CHAVILLE et Tony MANGO qui animent par ailleurs depuis des années des ateliers d'apprentissage du créole pour adultes et enfants.

Mais quid de cette expérimentation après la mise en place en classe de terminale ? Des questions se posent et ne sont pas prêts d’être résolues. Tout d’abord, quel bilan tirer de cette expérimentation ? Deuxièmement, le Collectif pour le Créole au Bac dans l'Hexagone maintient que pour qu’un enseignement à part entière soit dispensé, il faut au préalable ouvrir des postes au CAPES de créole en Île de France afin de recruter des enseignants titulaires. Par ailleurs, quel programme de cours et d’apprentissage mettre en place pour l’enseignement du créole ? aujourd’hui, les élèves à qui ces cours de créoles sont dispensés doivent apprendre en quelques semaines à lire et écrire le créole puis rapidement être en mesure de composer des textes alors qu’un véritable apprentissage requiert plusieurs années de pratique scolaire depuis le collège. Et compte tenu de la constitution des communautés créolophones sur le sol hexagonal, ne faut-il pas définir un programme particulier pour l’enseignement du créole tenant compte des histoires et des cultures particulières de ces différentes communautés. Enfin, une réflexion doit être menée sur le fonctionnement des classes de façon à ne pas démobiliser les élèves car ils ont la liberté durant cette expérimentation de commencer les cours en seconde comme en première ou en terminale. Si ce système était maintenu à l’avenir, des élèves ayant commencé le créole en seconde se retrouverait dans les mêmes cours que des élèves débutant en première. Il semble donc être plus pragmatique de constituer plutôt des classes de niveau « Débutant », « Intermédiaire » et « Confirmé », l’accès à ces différentes classes se faisant par un test d’accès.

 Le combat, pour la mise en place d’un enseignement du créole en France hexagonale et pour que les lycéens puissent passer tant les épreuves facultatives que les épreuves obligatoires participent au combat pour la reconnaissance de scommunautés créolophones dans l'Hexagone. Ce combat est l’affaire de tous et a besoin que tous les acteurs se sentent impliqués et investis à valoriser cette langue, véritable patrimoine culturel qui a toujours accompagné nos peuples dans leurs différents combats tout au long de l’histoire.

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